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Alexandra Yaksich, pour des alternatives au dégriffage des chats.

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Ils ont un parcours brillant, exercent leur métier avec passion et rendent la pratique vétérinaire meilleure, chacun à leur façon. Chaque mois, découvrez une personnalité particulièrement inspirante. Ce mois-ci, rencontre avec  Alexandra Yaksich,  instigatrice de la pétition ayant menée à la nouvelle loi contre le dégriffage des chats au Québec.

Alexandra, comment t’es venu l’idée de lancer une pétition visant à interdire le dégriffage des chats au Québec?

Le réseau d’établissements vétérinaires pour lequel je travaille, en tant que technicienne en santé animale, ne pratique pas l’onyxectomie féline, communément appelée le dégriffage de chats. Cependant, bien qu’une très grande majorité de médecins vétérinaires soient contre, cette chirurgie invasive n’est pas interdite au Québec. Au début de la pandémie, voyant la vague d’adoption d’animaux de compagnie, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose rapidement concernant ce dossier. C’est là que j’ai eu l’idée de lancer une pétition. Je voulais aussi sortir le problème du domaine de la médecine vétérinaire et donner au public une chance de s’exprimer sur le sujet. Il s’agit d’un problème de société qui touche vraiment tout le monde. Nous aimons beaucoup nos animaux au Québec. 

Pourquoi donc?

Parce que le dégriffage des chats est une mutilation et qu’elle n’est pas nécessaire. On sait maintenant qu’il existe des alternatives hyper efficaces au dégriffage, comme les protèges-griffes à certaines étapes de la vie du chat, la taille régulière des griffes, l’utilisation d’un griffoir, etc. Il faut savoir que le dégriffage des chats est déjà interdit dans plusieurs pays.

Plusieurs vétérinaires se sont attaqués sans succès à ce dossier dans le passé. Comment expliques-tu que ta pétition ait fonctionné?

Vous connaissez l’expression: «timing is everything!» En pleine crise de la Covid-19, tout le monde était sur les réseaux sociaux. Ce débat de santé animale s’est transformé en véritable mouvement de société! Je crois aussi que le fait de mettre de l’avant une campagne positive, de miser sur les alternatives plutôt que de condamner cette pratique désuète et de culpabiliser les gens a contribué au succès de la pétition. 

Et puis, en mars dernier, le ministre André Lamontagne a annoncé une réforme de la loi sur le bien-être animal!

C’est exact!  À partir du mois de juin prochain, non seulement le dégriffage des chats, mais également la coupe des oreilles, la coupe de la queue et les chirurgies de dévocalisation chez les animaux de compagnie seront interdites. C’est grâce à la force du nombre que nous y sommes enfin arrivés! 

 Prévois-tu défendre d’autres causes concernant le bien-être animal?

Bien sûr! Le dégriffage et les interventions esthétiques sont encore permises chez nos voisins ontariens. Je suis en contact avec des militants là-bas qui désire faire bannir ces interventions dans la capitale nationale. Encore là, c’est en éduquant les gens sur les alternatives que nous allons mettre fin à ces chirurgies d’une autre époque.

En terminant, d’où vient ton amour pour les animaux?

Je suis originaire d’Alberta. Dans ma région natale, pour protéger leurs troupeaux, des fermiers «chassent» les loups qui s’aventurent sur leur terrain. Ma mère, qui est propriétaire d’un ranch là-bas, a fondé un refuge où elle soigne les loups blessés pour pour ensuite les remettre en liberté. C’est donc au contact des loups que j’ai développé mon amour pour les animaux. Plusieurs m’associent aux chats, mais j’aime toutes les bêtes, sans discrimination! (rires) 

je voulais sortir le problème du domaine de la médecine vétérinaire et donner au public une chance de s’exprimer. Cela les affecte aussi ! 

Il s’agit d’un problème de société qui touche vraiment à notre culture au Québec. Nous aimons nos animaux !